Rien n’est dit, rien n’est fait, aucun geste posé encore. Un espace vide où tout demeure possible, un désert fertile, terre qui porte en elle les fruits de ce qui n’a pas encore été semé, mais qui brûle de ce monde à naître. Espace où tout vibre de l’intensité de ce qui est sur le point d’apparaître; ce moment d’émotion où le coeur arrête de battre.
Créer c’est visiter un monde qui n’est pas encore inventé.
L’abandon est le médium, l’émotion, le vecteur et la liberté, le seul terreau sur lequel il est possible de semer.
Originaire du Sud de la France, Isabelle Anguita vit et travaille à Montréal.
Après une licence en arts plastiques débutée à Montpellier et achevée à Aix en Provence, elle déménage à Montréal en 1994.
La peinture commerciale (décorative et scénique) prend alors le dessus sur toute forme de réalisation picturale pendant presque 10 ans.
En décembre 2005, l’exposition « Perspectives immédiates;1 » marque le retour à la peinture dans son expression la plus libre.
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Mon travail est investi par l’intuition et l’énergie du mouvement :
Peindre c’est bousculer ma zone de confort. C’est plonger dans un état dans lequel il n’y a plus de volonté, il n’y a qu’un corps et une toile qui interagissent dans une danse hypnotique. La matière est le médium par lequel communiquent ces deux mondes.
C’est la recherche d’un état fébrile qui me prédispose à la rencontre avec une œuvre; ce que j’observe me guide, m’amène plus loin vers la découverte d’une histoire qui m’est livrée plus ou moins facilement.
La surface est muette au commencement, puis, au fur et à mesure que l’empreinte du mouvement du corps apparaît, elle prend vie et relance la danse dans une direction qui n’est pas préconçue. Conversation qui se déroule parfois dans une urgence frénétique comme mue par la peur de perdre ce lien magique; d’autre fois, c’est un échange heureux et confiant qui se déroule dans un souffle aérien.
L’évolution de mon travail se fait dans une succession de ruptures, de cassures avec la période précédente. Je m’assois difficilement longtemps dans un certain style, une certaine forme. En travaillant la peinture abstraite avec Françoise Sullivan lors de l’hivers 2006-2007, j’avais la volonté de briser cette impasse qui m’amenait toujours à m’appuyer dans les horizons (1). Je voulais pouvoir appréhender les espaces de la toile dans toutes ses dimensions. La pratique de la peinture « all over », lors de ces ateliers, m’a permis, au travers de grands formats, de vivre l’expérience de rentrer littéralement dans la toile, corps et âme, dans un état d’esprit quasi extatique; de parcourir la surface dans sa totalité, dans un seul et même mouvement ondulatoire et fluide. Dans la volonté d’aménager des distinctions d’équilibre dans les masses de la toile, des corps sont apparus naturellement (2), me guidant, par la suite, vers un retour à l’abstraction où, ne subsistent de ces corps que des ronds et des lignes : Têtes et corps, résidus démembrés devenus des signes qui jouent entre eux (3).
Isabelle Anguita
Téléphone: 514.969.1997
isabelleanguita@yahoo.ca
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